Pénurie de pharmaciens en établissement de santé

Depuis 7 ans, l’A.P.E.S. mène auprès de ses membres une enquête annuelle qui vise à dresser le portrait des effectifs professionnels dans les départements et services de pharmacie des établissements de santé du Québec. Ainsi, depuis le printemps 2006, la quantification de la pénurie de pharmaciens en établissement de santé s’appuie sur une méthodologie objective qui compare le nombre de postes de pharmaciens non pourvus (c.-à-d. sans titulaire ou temporairement dépourvus de titulaire) au nombre de postes autorisés au budget de chaque établissement de santé.

En 2013

Évolution de la pénurie 2013Les résultats de l’enquête réalisée auprès de 118 départements de pharmacie (taux de réponse de 88 %) indiquent qu’au 1er avril 2013, 23 % des postes autorisés (en équivalents temps complet) n’étaient pas pourvus. À cette date, il manquait 288 pharmaciens en équivalents temps complet dans les établissements répondants. De plus, 40 postes liés à des besoins additionnels ont été clairement identifiés par ces établissements, sans jamais avoir été officiellement ouverts en raison des difficultés à recruter pour les postes déjà disponibles. Par ailleurs, un peu plus du tiers des départements de pharmacie répondants opèrent avec un manque d’effectifs de 30 % et plus, et près de 14 % doivent composer avec un manque d’effectifs de 50 % et plus. Afin d’amenuiser les effets de la pénurie, 50 % des établissements répondants ont eu recours à des pharmaciens dépanneurs entre le 1er avril 2012 et le 1er avril 2013, pour un total de 10 152 jours de dépannage.

*Précisions méthodologiques

En 2009, une mesure administrative autorisant l’augmentation de la semaine de travail des pharmaciens d’établissements de 36,25 à 40 heures est entrée en vigueur. Comme cette mesure pouvait s’appliquer sur une base individuelle volontaire, elle est venue brouiller les données de l’enquête annuelle, traditionnellement recueillies en équivalents temps complet. Du même coup, le pourcentage de pénurie calculé s’en trouvait sous-estimé, puisqu’une portion des effectifs manquants était comblée par des effectifs déjà en place.

Une légère régression de la pénurie avait déjà été notée à l’analyse des résultats publiés en 2010, bien qu’aucun accroissement significatif du recrutement n’ait été enregistré au cours de la même période. L’analyse préliminaire des résultats obtenus au printemps 2011 selon la méthodologie originale a permis à l’A.P.E.S. de renforcer sa thèse. Tout indiquait alors qu’un recul apparent de la pénurie calculée en 2010 et en 2011 ne pouvait être qu’artificiel. C’est pourquoi l’A.P.E.S. a décidé de ne pas publier les résultats de l’enquête réalisée en 2011, faute de pouvoir en garantir la fiabilité.

La méthodologie de l’enquête a été revue en 2012. Le nouveau questionnaire a été modifié afin de permettre la comptabilisation séparée des postes travaillés sur une base de 36,25 heures par semaine et de ceux travaillés sur une base de 40 heures par semaine. Dans les faits, la majorité des pharmaciens travaillent actuellement sur une base de 40 heures par semaine ou 8 heures par jour. La dernière enquête a permis d’établir que les heures additionnelles effectuées dans ce contexte représentent la force de travail de 106 pharmaciens. En fait, les données démontrent qu’au 1er avril 2013, le nombre de postes de pharmaciens non comblés avait augmenté significativement par rapport au 1er avril 2010. Ainsi, au lieu de régresser, le taux de pénurie s’est accru de 3 % au cours des 3 dernières années.

 


Résultats de l’enquête menée auprès des départements de pharmacie des établissements de santé du Québec sur l’état des effectifs au printemps 2013
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