Pénurie de pharmaciens en établissement de santé

En avril 2001, le groupe de planification de la main-d’œuvre du MSSS publiait un rapport faisant état d’un écart croissant entre les besoins de main-d’œuvre professionnelle en pharmacie d’établissement et les perspectives de recrutement sur quinze ans. Dès 2002, l’A.P.E.S. a commencé à réaliser des enquêtes sur les effectifs en pharmacie auprès de ses membres afin de recueillir de l’information sur la pénurie déjà bien installée et ses conséquences sur les soins et services pharmaceutiques. Depuis 2006, la comparaison entre le nombre de postes de pharmacien sans titulaire ou temporairement dépourvus de titulaire et le nombre de postes autorisés au budget de chaque établissement de santé s’appuie sur une méthodologie objective et reproductible.

En 2017

Pénurie de pharmaciens 2006-2017

Au printemps 2017, tous les chefs de département de pharmacie des établissements de santé du Québec ont été invités à remplir un questionnaire pour l’ensemble des installations de leur établissement. Au total, 39 questionnaires ont été envoyés par courriel.

Le portrait obtenu au 1er avril 2017 auprès de 37 répondants (taux de réponse de 94,9 %) confirme pour une cinquième année consécutive que le pourcentage de postes de pharmacien hospitalier non pourvus est en lente régression. Les derniers résultats ne démontrent toutefois qu’un léger recul de la pénurie par rapport à 2016 (18 % c. 18,2 %). Le rapport entre le total des postes non pourvus et celui des postes autorisés est néanmoins passé de 23,8 % en 2012 à 18 % à la même période en 2017.

Sur un total de 1406 postes autorisés, 258 demeuraient à pourvoir au moment de l’enquête. Bien qu’il soit plus criant en région éloignée, le manque de pharmaciens se constate aussi bien dans les régions urbaines (18 % à Montréal) que dans les grandes banlieues (14 % à Laval et en Montérégie). Il est vrai que les facultés de pharmacie accueillent plus d’étudiants au programme de maîtrise en pharmacothérapie avancée depuis quelques années. Néanmoins, le nombre de finissants qui se destinent à la pratique en établissement de santé est encore loin d’atteindre ce qui est requis pour combler l’écart avec les besoins existants.

D’ailleurs, 15 établissements sur 39 (38 %) ont eu recours à des pharmaciens dépanneurs pour un total de 5873 jours entre le 1er avril 2016 et le 1er avril 2017, les besoins variant selon les établissements entre 25 et 1475 jours.

De plus, parmi les établissements ayant eu recours au dépannage en pharmacie, 40 % ont requis les services d’un pharmacien dépanneur pendant plus de 180 jours durant cette période, alors que les deux tiers y ont fait appel pendant plus de 90 jours. 

En conclusion, avec près d’un poste vacant sur cinq, le manque d’effectifs en pharmacie d’établissement est toujours préoccupant. Au 1er avril 2017, 16 % des départements de pharmacie ayant répondu au sondage affichaient un manque d’effectifs excédant 25 %, et un peu plus d’un sur dix devaient composer avec un manque d’effectifs d’au moins 30 %. Malgré le recul constant de la pénurie depuis 2012, il est illusoire de penser pouvoir combler prochainement les besoins dans un contexte où le nombre de finissants au programme de 2e cycle en pharmacothérapie avancée suffit à peine à compenser le nombre de départs à la retraite. L’A.P.E.S. entend donc poursuivre ses efforts de valorisation de la profession tant auprès des étudiants en pharmacie que des instances gouvernementales afin de maintenir le nouvel engouement des étudiants pour la pratique de la pharmacie en établissement de santé et d’accroître de manière significative la capacité d’accueil des universités québécoises au programme de maîtrise en pharmacothérapie avancée.

 


Résultats de l’enquête menée auprès des départements de pharmacie des établissements de santé du Québec sur l’état des effectifs au printemps 2017
Programme de bourses aux étudiants à la maîtrise en pharmacie d’hôpital

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